Le CBD est-il une drogue ? Ce que disent la loi et la pharmacologie

Le CBD est-il une drogue ? La question revient souvent, et elle est plutôt logique : le cannabidiol est naturellement présent dans la plante de cannabis, tout comme le THC. Pourtant, mettre ces deux cannabinoïdes dans la même catégorie serait une erreur.

Le CBD n’est pas classé comme stupéfiant en France. Contrairement au THC, il ne provoque pas l’effet euphorisant ou le « high » caractéristique du cannabis récréatif et, selon les connaissances actuelles, il ne présente pas le même potentiel de dépendance.

Cela ne signifie pas pour autant que le cannabidiol est une substance totalement neutre. Le CBD agit sur l’organisme, peut provoquer des effets secondaires, interagir avec certains médicaments et les produits qui en contiennent sont soumis à une réglementation précise.

Pour comprendre la différence, il faut donc distinguer trois questions : qu’est-ce qu’une drogue au sens courant, qu’est-ce qu’un stupéfiant au sens de la loi et quels sont réellement les effets pharmacologiques du CBD ?

CBD, cannabis et drogue : de quoi parle-t-on exactement ?

Le CBD, ou cannabidiol, est un phytocannabinoïde naturellement présent dans Cannabis sativa L.. Cette plante contient de nombreux cannabinoïdes, dont deux sont particulièrement connus : le cannabidiol (CBD) et le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC).

C’est leur origine commune qui entretient une grande partie de la confusion.

Dans le langage courant, le mot « drogue » peut désigner de manière très large une substance qui agit sur l’organisme ou le cerveau. Dans le langage juridique, en revanche, la notion importante est celle de stupéfiant, qui correspond à des substances précisément réglementées et inscrites comme telles.

Or, le CBD n’est pas classé comme stupéfiant en France.

L’Assurance Maladie rappelle que le cannabidiol se distingue du THC et n’est pas classé comme stupéfiant. Consulter les informations de l’Assurance Maladie sur le CBD.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a également conclu, après examen des données disponibles, que les préparations considérées comme du CBD pur ne présentaient pas de potentiel d’abus ou de dépendance justifiant leur placement sous contrôle international. Consulter les informations de l’OMS sur le cannabidiol.

En résumé : le CBD provient bien du cannabis, mais cela ne fait pas automatiquement de lui un stupéfiant.

Quelle différence entre le CBD et le THC ?

CBD et THC appartiennent à la même famille de molécules : les cannabinoïdes. Ils peuvent être présents dans la même plante de chanvre, mais leurs propriétés pharmacologiques sont différentes.

Le THC (tétrahydrocannabinol) est principalement responsable des effets intoxicants du cannabis. Il peut notamment modifier la perception, l’attention, la mémoire ou encore la coordination. Sa consommation expose également à un risque de dépendance.

Le CBD, lui, ne provoque pas l’euphorie caractéristique du THC et son potentiel addictif apparaît très différent.

CBD THC
Cannabidiol Tétrahydrocannabinol
Présent naturellement dans le cannabis et le chanvre Présent naturellement dans le cannabis et le chanvre
Pas d’effet euphorisant comparable au THC Effet euphorisant et intoxicant
Non classé comme stupéfiant en France Soumis à la réglementation des stupéfiants hors exceptions prévues par la réglementation
Pas de potentiel addictif comparable au THC établi à ce jour Peut entraîner une dépendance
Peut néanmoins avoir des effets sur le système nerveux Effets psychoactifs importants
Peut provoquer des effets indésirables et des interactions médicamenteuses Présente également des risques pour la santé

Cette différence entre THC et CBD explique pourquoi il est possible de commercialiser certains produits issus du chanvre tout en maintenant une réglementation stricte du cannabis contenant du THC.

Pour découvrir les différentes formes de cannabidiol disponibles, vous pouvez également consulter les gammes CBD de Cocorikush.

Le CBD a-t-il des effets psychoactifs ?

C’est ici qu’une nuance importante s’impose.

On lit encore très souvent que le CBD serait une substance « non psychoactive ». Cette formulation est pratique pour l’opposer au THC, mais elle est scientifiquement trop catégorique.

Le CBD n’est pas intoxicant comme le THC et ne provoque normalement pas de « high ». Mais cela ne signifie pas qu’il n’agit absolument pas sur le cerveau.

L’Assurance Maladie indique que le CBD présente des effets psychoactifs puisqu’il agit sur le cerveau, notamment via des mécanismes impliquant le système sérotoninergique. Voir les précautions présentées par l’Assurance Maladie.

Il est donc plus précis de dire que le CBD n’a pas les propriétés euphorisantes et intoxicantes caractéristiques du THC, plutôt que d’affirmer qu’il serait totalement dépourvu d’activité psychoactive.

Cette distinction est importante pour comprendre pourquoi certaines personnes rapportent, par exemple, une sensation d’apaisement ou de somnolence après une consommation de CBD.

Le CBD peut-il entraîner une dépendance ?

Les données disponibles sont plutôt rassurantes sur ce point.

L’OMS a conclu que le cannabidiol pur ne semblait pas présenter de potentiel d’abus ou de dépendance justifiant son classement international parmi les substances contrôlées. Consulter la position de l’OMS.

Drogues Info Service indique également qu’en l’état actuel des connaissances, le CBD ne semble pas avoir de potentiel addictogène comparable à celui du THC. Consulter la fiche CBD de Drogues Info Service.

Il faut néanmoins distinguer la molécule de CBD pur du produit consommé.

Une fleur, une résine, une huile ou un autre produit peut contenir différentes substances, notamment des traces de THC. La qualité, la composition réelle et la conformité du produit sont donc essentielles.

Par ailleurs, une habitude de consommation n’est pas nécessairement synonyme de dépendance pharmacologique. Une personne peut développer des habitudes autour d’un produit sans que la substance elle-même présente le même mécanisme addictif que le THC, la nicotine ou certains médicaments.

Le CBD est-il légal en France ?

Oui, le CBD n’est pas interdit en France en tant que molécule. Mais les conditions de production et de commercialisation des produits issus du chanvre sont réglementées.

L’arrêté du 30 décembre 2021 encadrant le chanvre autorise notamment la culture, l’importation, l’exportation et l’utilisation industrielle et commerciale de certaines variétés de Cannabis sativa L. respectant les conditions réglementaires, notamment en matière de teneur en delta-9-THC.

Pour consulter le texte et sa version en vigueur : arrêté du 30 décembre 2021 sur Légifrance.

Et les fleurs de CBD ?

L’histoire réglementaire des fleurs et feuilles de CBD mérite une précision.

L’arrêté du 30 décembre 2021 avait initialement interdit la vente aux consommateurs de fleurs et feuilles brutes. Cette interdiction générale a toutefois été annulée par le Conseil d’État le 29 décembre 2022.

Le Conseil d’État a notamment relevé que le CBD ne présentait pas les propriétés stupéfiantes du THC et qu’une interdiction générale et absolue des fleurs et feuilles à faible teneur en THC n’était pas justifiée. Lire la décision présentée par le Conseil d’État.

Autrement dit, il ne faut pas confondre cannabis relevant de la réglementation des stupéfiants et chanvre conforme à la réglementation, dont peuvent être issus certains produits contenant du CBD.

Attention : « CBD légal » ne signifie pas que tous les produits au CBD sont automatiquement autorisés

C’est probablement l’une des nuances les plus importantes à connaître.

Le statut de la molécule CBD ne suffit pas à déterminer si n’importe quel produit qui en contient peut être commercialisé. La réglementation dépend également de la catégorie du produit : cosmétique, produit à vapoter, denrée alimentaire, médicament, etc.

C’est particulièrement important pour les produits alimentaires.

Le CBD et certains extraits de chanvre peuvent relever de la réglementation européenne sur les « nouveaux aliments » (Novel Food) lorsqu’ils ne disposent pas d’un historique de consommation significative dans l’Union européenne avant 1997.

Il faut donc éviter le raccourci : « le CBD est légal, donc tout produit contenant du CBD est légal ». Le statut dépend du produit, de sa composition, de sa teneur en THC et de l’usage auquel il est destiné.

Le CBD est-il un médicament ?

Pas automatiquement.

Un produit contenant du cannabidiol vendu dans le commerce ne devient pas un médicament simplement parce que le CBD fait l’objet de recherches médicales.

Pour être présenté comme un médicament destiné à prévenir ou traiter une maladie, un produit doit répondre au cadre réglementaire correspondant et disposer des autorisations nécessaires.

Il existe effectivement des médicaments à base de cannabidiol, utilisés dans des indications médicales précises. Leur utilisation n’a rien à voir avec celle d’une huile, d’une fleur ou d’un autre produit au CBD vendu pour un usage non médical.

C’est pourquoi il faut rester prudent face aux promesses de « traitement naturel » rencontrées sur Internet.

Un produit CBD en vente libre ne doit pas être présenté comme permettant de guérir ou traiter une maladie lorsqu’il ne possède pas le statut de médicament.

Quelles sont les propriétés étudiées du CBD ?

Le cannabidiol fait l’objet de nombreuses recherches scientifiques. Son interaction avec différents systèmes biologiques explique l’intérêt des chercheurs pour ses propriétés potentielles.

Des travaux étudient notamment son action dans différents domaines neurologiques ou sur certains mécanismes associés à la douleur, au stress et au sommeil.

Mais il faut distinguer trois niveaux de preuve très différents :

  1. un mécanisme observé en laboratoire ;
  2. un effet constaté chez l’animal ou dans une étude exploratoire ;
  3. une efficacité clinique démontrée chez l’être humain pour une indication précise.

Une propriété observée expérimentalement ne suffit donc pas à transformer un produit au CBD en traitement thérapeutique.

La prudence est préférable face aux expressions comme « CBD antidouleur », « CBD contre l’anxiété » ou « CBD pour soigner l’insomnie ». Il existe un intérêt scientifique réel autour du cannabidiol, mais cela ne signifie pas que tous ces usages soient médicalement démontrés ni que les produits vendus librement puissent revendiquer ces indications.

Quels sont les risques du CBD ?

« Naturel » ne signifie pas « sans risque ».

Le CBD est une substance biologiquement active. Comme beaucoup d’autres substances naturelles ou médicaments, il peut provoquer des effets indésirables.

Parmi les effets rapportés figurent notamment :

  • la somnolence et la sédation ;
  • la fatigue ;
  • les nausées ou vomissements ;
  • la diarrhée et certains troubles digestifs ;
  • des modifications de l’appétit ou du poids ;
  • plus rarement, des étourdissements, une confusion ou une baisse de la tension artérielle.

La réaction dépend notamment de la dose, de la forme du produit, de sa composition, de la personne et d’une éventuelle prise simultanée de médicaments.

CBD et médicaments : pourquoi faut-il être prudent ?

Le cannabidiol peut modifier l’action de certains médicaments dans l’organisme.

Il existe notamment des interactions possibles avec certaines voies enzymatiques utilisées par le foie pour métaboliser les médicaments. Les conséquences peuvent varier : augmentation de l’exposition à un médicament, modification de ses effets ou addition d’effets sédatifs.

Une vigilance particulière est donc nécessaire chez les personnes suivant déjà un traitement.

Si vous prenez un traitement médical, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien avant de consommer du CBD.

Cette précaution est particulièrement importante en cas de maladie chronique, de traitement régulier, de grossesse ou de situation médicale particulière.

Peut-on conduire après avoir consommé du CBD ?

C’est l’un des points les plus importants pour le consommateur.

Les tests routiers recherchent notamment le THC, pas le CBD lui-même. Or, certains produits CBD peuvent contenir de faibles quantités de THC dans les limites prévues par la réglementation.

Cela signifie qu’une personne ayant consommé un produit contenant du CBD peut potentiellement présenter des traces de THC détectables lors d’un dépistage.

Le problème est également juridique : la présence de THC détectée chez un conducteur peut constituer une infraction, indépendamment du fait que le THC provienne initialement d’un produit présenté comme du CBD.

CBD légal ne signifie donc pas absence de risque lors d’un contrôle routier.

Fumer du CBD est-il sans risque ?

Non.

Il faut ici distinguer le risque lié au cannabidiol de celui lié au mode de consommation.

La combustion d’une matière végétale produit de la fumée et différentes substances irritantes ou toxiques. Mélanger une fleur de CBD avec du tabac ajoute évidemment les risques propres au tabagisme et à la nicotine.

Le fait qu’une fleur soit riche en CBD et pauvre en THC ne rend donc pas sa fumée inoffensive.

La consommation sous forme de joint ne doit pas être assimilée à la consommation de CBD pur : une partie du risque provient de la combustion et, lorsqu’il est présent, du tabac lui-même.

Produit naturel ne veut pas dire produit sans danger

Le caractère naturel du cannabidiol est parfois utilisé comme argument de sécurité. Pourtant, de nombreuses substances naturelles ont des effets pharmacologiques puissants.

Le bon réflexe consiste donc à s’intéresser à la composition réelle du produit.

Cette question est d’autant plus importante que des intoxications ont été signalées après consommation de produits présentés comme du CBD mais contenant en réalité davantage de THC que prévu ou d’autres cannabinoïdes.

La traçabilité, les analyses de laboratoire et la composition du produit ne sont donc pas de simples arguments marketing : ils constituent des informations essentielles pour le consommateur.

Pour mieux comprendre les différents formats disponibles — fleurs, résines, huiles et autres produits issus du chanvre — vous pouvez parcourir la sélection CBD Cocorikush.

Alors, le CBD est-il une drogue ?

Tout dépend du sens donné au mot « drogue ».

Si l’on utilise ce terme dans son sens très large de substance biologiquement active capable d’agir sur l’organisme, le débat devient essentiellement sémantique.

Mais si la véritable question est « le CBD est-il un stupéfiant comme le THC ? », la réponse est beaucoup plus claire : non, le cannabidiol n’est pas classé comme stupéfiant en France.

Il ne provoque pas l’effet euphorisant caractéristique du THC et les connaissances actuelles ne montrent pas le même potentiel de dépendance.

En revanche, il serait tout aussi faux d’en conclure que le CBD est une substance sans aucun effet ni aucun risque. Il peut provoquer une somnolence, entraîner des effets secondaires, interagir avec des médicaments et exposer indirectement à un dépistage positif au THC lorsque le produit en contient des traces.

La bonne distinction n’est donc pas entre une « drogue dangereuse » et un « produit naturel sans risque », mais entre des molécules différentes, aux propriétés pharmacologiques et aux statuts juridiques différents.

FAQ : CBD, drogue, THC et légalité

Le CBD est-il considéré comme une drogue en France ?

Le CBD n’est pas classé comme stupéfiant en France. Il provient de la plante de cannabis, mais ses propriétés sont différentes de celles du THC. Les produits qui en contiennent restent néanmoins soumis à différentes réglementations selon leur composition et leur usage.

Quelle est la différence entre CBD et THC ?

Le CBD et le THC sont deux cannabinoïdes naturellement présents dans Cannabis sativa L.. Le THC provoque les effets intoxicants et euphorisants caractéristiques du cannabis, tandis que le CBD ne produit pas le même « high ». Leur potentiel de dépendance et leur statut juridique diffèrent également.

Le CBD est-il psychoactif ?

Le CBD peut agir sur le cerveau et n’est donc pas totalement dépourvu d’activité psychoactive au sens pharmacologique. En revanche, il ne provoque pas les effets euphorisants et intoxicants caractéristiques du THC.

Peut-on devenir dépendant au CBD ?

Selon les connaissances scientifiques actuelles et l’évaluation de l’OMS, le CBD pur ne présente pas de potentiel d’abus ou de dépendance comparable au THC. Cela n’empêche pas qu’une personne puisse développer des habitudes de consommation.

Le CBD est-il légal en France ?

Le cannabidiol n’est pas classé comme stupéfiant et certains produits CBD peuvent être commercialisés en France sous réserve de respecter leur réglementation spécifique. La conformité dépend notamment de la nature du produit, de sa composition, de sa teneur en THC et de l’usage auquel il est destiné.

Les fleurs de CBD sont-elles légales ?

Le Conseil d’État a annulé en décembre 2022 l’interdiction générale de commercialiser les fleurs et feuilles de cannabis dépourvues de propriétés stupéfiantes. Leur commercialisation reste soumise au respect de la réglementation applicable.

Le CBD présente-t-il des risques pour la santé ?

Oui, des effets indésirables sont possibles, notamment somnolence, fatigue, diarrhée, nausées et autres troubles digestifs. Des interactions avec certains médicaments sont également possibles. En cas de traitement médical, l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien est recommandé.

Le CBD peut-il soigner une maladie ?

Le CBD fait l’objet de recherches médicales et existe dans certains médicaments autorisés pour des indications précises. Cela ne signifie pas qu’un produit CBD vendu librement peut être considéré comme un traitement. Un produit ne disposant pas du statut de médicament ne doit pas revendiquer de propriétés thérapeutiques.

Peut-on être positif au cannabis après avoir consommé du CBD ?

Oui. Certains produits CBD peuvent contenir de faibles traces de THC. Celles-ci peuvent être détectées lors d’un dépistage. Consommer un produit légal ne garantit donc pas un test négatif.

À retenir

Le CBD (cannabidiol) n’est pas un stupéfiant en France et doit être clairement distingué du THC. Les deux molécules proviennent de la même plante de cannabis, mais leur pharmacologie, leur potentiel addictif et leur cadre juridique ne sont pas identiques.

Le CBD n’est toutefois ni une substance miraculeuse ni un produit totalement anodin. Ses effets dépendent de la dose, de la personne, du mode de consommation et surtout de la composition réelle du produit.

Pour le consommateur, les trois réflexes essentiels restent donc les mêmes : vérifier la composition et la teneur en THC, privilégier des produits traçables et analysés, et demander conseil à un professionnel de santé en cas de traitement médical.

Sources et références